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Cadrage théorique
Exercices
Décrire, c’est déjà analyser : voilà ce que nous allons éprouver à partir d’une série d’exercices pratiques. En effet, dans le domaine académique, à l’université, il est question d’analyser les choses, de les mettre en rapport, pour pouvoir construire des arguments. Mais avant cela, il faut avoir repéré et observé les choses, et pour les saisir, s’en approcher, rien ne vaut la description, une description qui devrait nous décomplexer en cultivant, en premier lieu, une ambition du neutre, de la clarté, du fait, du compte-rendu des phénomènes (ce que nous pouvons effectivement percevoir). Avant de conclure quoi que ce soit, il s’agit de se mettre d’accord avec les autres (les gens autour de nous, celles et ceux qui nous liront) sur ce que vous êtes en train de percevoir, ce qu’il est possible de constater ensemble – c’est la base à partir de laquelle l’analyse pourra ensuite se développer.
Or, nous ne percevons pas la même chose. Outre des particularités physiques (ne pas percevoir les mêmes couleurs, ne pas avoir la même acuité visuelle ou auditive), nous ne sommes pas attentifs ou attentives aux mêmes choses, car nous n’avons pas la même histoire personnelle. Nous n’avons pas tous·tes été invité·es ou éduqué·es à être attentifs et attentives aux mêmes choses. Et même à l’échelle d’une journée ou d’une heure, nous ne sommes pas nécessairement dans les mêmes régimes attentionnels. C’est une énorme richesse car ces différences de perception disent aussi nos sensibilités singulières. C’est ce que nous allons explorer.
Énorme richesse, mais travail d’ampleur également, car il s’agit aussi, quand même, de se mettre d’accord, de réussir à exprimer ce que l’on voit, pour partager son point de vue. C’est peut-être tout simplement cela que les artistes et les chercheur·euses font : nous inviter à voir ce qu’iels voient (le méta-embrayage attentionnel d’Yves Citton). En décrivant ce que nous voyons, et en consignant ces observations sur des supports que d’autres pourront apprécier (lire, regarder), nous cherchons à nous mettre d’accord.
Cependant, nous sommes également tous·tes pris dans des régimes attentionnels collectifs, qui dirigent et contrarient notre attention. Pour faire émerger ce qui n’était pas remarquable au départ, ce qu’on n’avait pas perçu en premier lieu, ou pour simplement se donner le temps de l’observation, des contraintes, protocoles et autres partitions d’observation nous seront utiles.
La description qu’on produit, avec tous les biais qui constituent notre perception, nous donne un document précieux pour réfléchir après coup, à ce qui constitue notre approche singulière. Comment se positionner soi-même et comment les autres peuvent-iels se positionner par rapport à une description ? Une description témoigne de la perception d’une personne dans un milieu et une époque donné. Lire une description, c’est entrer en contact avec cela.
L’enjeu de cette première session de travail est de vous rendre sensible à des modes d’attention différents. Ces expériences d’observation sont les outils premiers de votre recherche-création. Les documents (textes et images qui en ressortent) qui vont en ressortir sont de la matière pour votre recherche et votre création.
Session 1. Décrire,
c'est déjà analyser
Secrétaires :
Images :
Paroles :
Référent·es :
Restitution
Session 2. Monter,
c'est déjà prendre partie
SESSION 1. DESCRIPTION
Session 3. Raconter,
c'est déjà argumenter
Joseph Kosuth, One and Three Chairs, 1965